Son

Les compilations sonores de Teo Lepon

Teo Lepon est sikerei. Il vit le long de la rivière de Buttui, dans une uma qu’il a construit avec ses frères. 

En 2019, il a demandé à recevoir un enregistreur sonore. Surnommé “little monkey” à cause de sa bonnette anti-vent qui rappelle le pelage du gibbon, ce dernier l’accompagne en forêt comme en cérémonie. Témoin de son quotidien et acteur de ce qu’il souhaite partager, le little monkey nous fait plonger dans un monde ou l’appel d’un gibbon croise le chant d’une touriste hollandaise et ceux de sikerei : celui dont Teo Lepon souhaite garder une trace.

L’équipe Mentawai Storytellers travaille actuellement sur le contenu de cette page qui sera développé en priorité. Les informations descriptives de plus de 150 pistes sont en cours de traduction. N’hésitez pas à venir régulièrement vérifier nos mises à jour.

L’orthographe des mots mentawai déjà présents sur cette page sera bientôt soumise à correction, nous vous prions de bien vouloir excuser ce délai et de ne pas prendre pour définitifs les titres de ces pistes.

Ka leleu – En forêt des hauteurs

Un seul mot mentawai ne suffit pas à traduire “la forêt”… Teo Lepon explique que “Leleu” désigne en mentawai la forêt des hauteurs, celle qui est dense et peu pratiquée. C’est là-bas qu’il trouve les sons qui l’apaisent, le rendent nostalgique : “Je pense à ma famille, à ceux que j’ai perdu, à ceux qui m’attendent à la maison. C’est ma musique. Les “jurubabas” par exemple ont une belle voix, que l’on ne peut entendre que dans la forêt des hauteurs. Tant qu’ils seront là je serai heureux.”

Urai sikerei – Chants sikerei

Dans une véritable démarche de sauvegarde des chants sikerei, Teo Lepon s’enregistre lui-même chanter, fait parfois appel à son frère Aman Goddai ou à son père Aman Laulau (tous deux sikerei), et nous donne l’explication de chaque chant. Pour faire connaître et surtout ne pas oublier l’Arat Sabulungan, l’animisme mentawai.

Urai ka si Mentawai – Chansons aux Mentawai

Dans sa uma, Teo Lepon, le “sikebukat uma”, c’est à dire l’aîné-gérant de la uma, vit avec une vingtaine de personnes : sa femme, ses deux petits frères mariés, leurs femmes, leurs enfants. Lorsque l’élan s’en fait sentir, la famille comme les visiteurs sont invité.e.s à chanter…

Puliajat – Cérémonies

Sikerei sibau – Nouveau sikerei

En juin 2019, Aman Ipai, un homme mentawai, habitant de Buttui et jeune grand-père, est devenu “sikerei sibau”, c’est à dire “nouveau sikerei”.

Teo Lepon a compté parmi les cinq sikerei appelés à conduire les cérémonies d’initiation. Investi du soir au matin et du matin au soir, il a enregistré un certain nombre de pistes audio, entre chants et danses.

Il tient à préciser ici que si elles n’ont pas été enregistrées dans les meilleures conditions, ces pistes lui sont particulièrement précieuses : non seulement ces cérémonies se font rares mais un certain nombre de chants enregistrés ici ne peuvent être pratiqués en dehors de ces rituels.

Piste 054 “Pasibulu sagu sagajai”

Environ 20h, première prière à l’ouverture de l’initiation, lors de la toute première cérémonie. On fait d’Aman Ipai un nouveau sikerei, un apprenti. Il s’agit de la présentation d’Aman Ipai à ses ancêtres sikerei : on informe leurs esprits qu’Aman Ipai devient sikerei.

Piste 055 : “Laike loigo”

Premier chant qui ouvre les cérémonies d’initiation du nouveau sikerei. Une fois ce chant terminé, il y a la danse. Ce chant évoque les fleurs karati, simakkainow, bekeo, soratki, ikkup : elles pourront désormais s’accorder au nouveau sikerei. A la fin de l’enregistrement, Aman Laulau dit “je suis le professeur [qui enseigne (donne) tous les chants, les tabous sikerei au nouveau sikerei]’.

*Teo Lepon (Laulau / Aman Lepon) SALAKKIRAT